Je n’ai plus peur. Je n’ai plus honte. Je ne me cache plus.

Denis-Martin Chabot

Denis-Martin Chabot

Je suis séropositif depuis 12 ans.

Voilà, c’est dit.
Il y a 12 ans, mon monde s’écroulait sous mes pieds.
J’ai eu peur.
D’abord, j’ai eu peur de mourir. Je n’étais pas prêt à mourir — l’est-on vraiment ? J’ai eu peur aussi d’être malade et de souffrir. J’ai eu peur également que le virus m’enlaidisse et déforme mon corps, un drame pour un homosexuel, car le « look » est tout dans le monde gai.
J’ai eu honte.
J’ai attrapé le VIH à cause de relations sexuelles non protégées et non d’une façon moins compromettante, comme une transfusion sanguine ou un accident quelconque. Si seulement on pouvait attraper ça sur un banc de toilette…
J’ai eu peur.
J’ai eu peur d’être ostracisé. J’ai eu peur de la réaction des miens, et que mes amis me rejettent. J’ai eu peur également au travail que mes patrons me mettent de côté. Ce ne fut pas le cas heureusement.
J’ai eu honte.
Je ne voulais pas qu’on me juge et qu’on me dise que j’ai eu ce que je méritais pour ne pas avoir utilisé le préservatif, quand finalement je n’avais besoin de personne pour me culpabiliser, j’y arrivais très bien, moi-même.
J’ai eu peur.
J’ai eu peur de l’intimité, qu’on me rejette quand je dirais que je suis séropo, ce qui est arrivé dans plus de 90 % des cas. J’ai eu peur qu’on m’intente un procès, même si je prends soin de révéler mon statut sérologique avant d’être intime, même si je NOUS protège, moi et mon partenaire, en insistant sur le préservatif. En plus, je suis indétectable, et selon le Consensus d’experts de l’Institut national de santé publique du Québec, « un traitement antirétroviral efficace qui abaisse la charge virale à un niveau indétectable réduit de manière significative le risque de transmission du VIH ».
J’ai eu honte
J’ai eu honte de mon corps, honte de ma maladie, honte de moi. J’ai gardé le silence. Et pourtant, je suis chanceux. J’ai accès aux meilleurs médecins et aux meilleurs traitements et médicaments disponibles. J’ai une assurance qui paye tout ça. Je vis très bien avec ma condition. Je m’entraîne trois fois par semaine et je cours entre 6 à 10 km également trois fois par semaine. J’ai pu continuer ma carrière de journaliste à la télévision et à la radio, et couvrir les nouvelles au quotidien et travailler de longues heures stressantes sans me plaindre de ma santé. J’ai voyagé plusieurs fois au Canada, aux États-Unis, en Europe et en Afrique, sans problème. Et preuve supplémentaire qu’on peut bien vivre avec ce virus, j’ai une vie amoureuse qui me comble avec un homme formidable.
J’ai commencé à m’ouvrir très récemment auprès de certains amis. Je l’ai fait aussi à mon lieu de travail. Dans ce dernier cas, je préparais mon départ à la retraite, je n’avais plus rien à perdre. Ce n’était pas très brave de ma part. Or, comme journaliste et communicateur, je sais parler.
En cette journée mondiale du SIDA, alors que je lance mon deuxième roman aux éditions La Semaine, Il y a longtemps que je t’aime, je ne t’oublierai jamais, qui porte en grande partie sur les ravages de cette maladie chez les hommes gais, j’ai décidé de ne plus me taire. J’utilise le peu de notoriété que j’ai en tant que journaliste depuis plus de 32 ans, entre autres à la télévision et à la radio publiques, et en tant qu’écrivain, pour dire tout haut ce que d’autres souffrent en silence. Pour lancer mon cri du cœur.
Je n’ai plus peur. Je n’ai plus honte. Je ne me cache plus.
Le VIH/SIDA est tombé dans l’oubli ces dernières années, car il n’y a plus la même urgence avec la trithérapie qui permet à la plupart des personnes infectées de mener une vie normale. Il est vrai que les nouvelles sont encourageantes concernant le VIH. Les nouvelles infections sont en baisse. Il y a 15 ans, on en comptait 900 annuellement au Québec. De nos jours, on en dénombre moins de 300 de nos jours par année. Grâce au dépistage, au traitement des personnes infectées et aux mesures de prévention, on peut envisager la fin du VIH dans un avenir prochain. Or, selon les estimations de l’Agence canadienne de la santé, 21 pour cent des personnes vivant avec le SIDA ignorent qu’elles sont séropositives. Voilà un premier grand défi à relever dans la lutte contre cette maladie. Et tout ça coûte cher. L’argent est encore une fois le nerf de la guerre.
L’infection au VIH va au-delà de relations sexuelles non protégées. Si tel était le cas, la maladie aurait été enrayée depuis longtemps. Or, on sait que des gens choisissent de ne pas utiliser le préservatif. Dites-moi pourquoi des gens fument encore quand on sait que la cigarette peut causer le cancer du poumon, pourquoi certains vont au salon de bronzage ou s’exposent au Soleil quand on sait que cela augmente les risques du mélanome, je pourrai peut-être vous dire pourquoi on a encore des relations sexuelles à risque.
Or, on a la condamnation facile et la compassion ardue. Je ne cherche pas à justifier mes comportements à risque ni ceux des autres. Je demande juste un peu plus d’humanité. Peut-être alors pourrons-nous mettre fin à cette maladie !
Denis-Martin Chabot

Publier, publier, publier, mais à quel coût? – 2e partie

Je poursuis ici mon article précédant sur la publication J’ai participé à plusieurs collectifs de nouvelles et de poésie. Par contre, la plupart du temps, on me demandait de participer financièreUn cadeau de Noël pour le Refugement à la publication. J’ai accepté parce que j’aimais le projet et je voulais encourager les promoteurs.

J’en ai fait beaucoup que ce soit avec des groupes comme l’Arc-en-ciel littéraire, la Rélovution poétique, Textes gais, Europoésie, et d’autres.

Mon Amérique gaie

À chaque fois j’étais heureux de le faire, car j’aidais des auteurs moins fortunés à se faire connaître. Or, le problème avec ce genre de collectif est qu’ils sont souvent mal diffusés, qu’il s’en vend donc très peu. Au bout du compte, on publie pour se lire entre nous.

Je ne critique pasDes vacances pour le Refuge les efforts de ceux qui le font. Je les admire. Textes Gais amasse ainsi de l’argent pour des causes comme Le Refuge, un organisme français venant en aide aux jeunes LGBTQ+ en difficulté. Rélovution poétique a permis à desRélovution poétique poètes de l’underground de se faire publier.

La littérature passe une mauvaise période ces jours-ci. Les livres se vendent plus difficilement et le numérique ne compense pas pour les ventes perdues.

Pour maEuropoésie part, je vais limiter mes participations aux collectifs du genre, sauf pour le prochain collectif de poésie et d’art visuel de la Galerie mp tEt si les mots parlaientrésart. J’ai récemment participé à un recueil intitulé Et si les mots parlaient…40 auteurs et 40 artistes visuels ont joint leurs efforts pour produire un superbe livre. On y retrouve ainsi des textes de Jean-Paul Daoust, Claude Péloquin et Gilles Carle.

 

 

 

Publier, publier, publier, mais à quel coût?

J’ai tenu un blogue sur ma page web www.denismartinchabot.com depuis 2010. J’ai dû modifier ma page, et mon blogue est disparu. J’avais heureusement sauvegardé mes commentaires que je résumerai sur ce blogue Worldpress au cours des prochains mois. Je vais intégrer ce blogue à ma page web.

La couverture originale.

La couverture originale de Pénitence, publié à compte d’auteur

J’écris depuis toujours, mais je ne publie que depuis 2003. Après des années de travail, après avoir essuyé des rejets de plus de 30 maisons d’édition, j’ai publié à compte d’auteur mon premier roman Manigances. Et l’aventure a commencé. Une aventure difficile. Il faut être fort et vraiment croire à son livre. D’abord, la diffusion et la distribution est compliquée. Ensuite, les journalistes culturels ne s’intéressent pas aux livres d’auteurs peu connus. Il faut dire qu’au Québec, le milieu culturel est un cercle fermé, Xavier Dolan parlait de consanguinité, qui n’accepte pas facilement les intrus. Ce livre s’est quand même vendu à plus de 500 exemplaires en un an.

La couverture originale de Pénitence, éd. de la Francophonie

L’année suivante, en 2004, j’ai écrit la suite, Pénitence. Cette fois, je suis allé dans une maison d’édition. Celle-ci fait quand même du compte d’auteur. J’ai dû payer les frais d’édition. Malgré les mêmes problèmes que ceux de Manigances. Ce livre s’est également vendu à 500 exemplaires la première année.

Manigances, 2e éditions, éd. Textes gais

Manigances, 2e éditions, éd. Textes gais

Après ces expériences qui m’ont coûté 10 000 $ en deux ans, j’ai trouvé une vraie maison d’édition qui publie donc à compte d’éditeur. Les éditions Textes gais à Paris ont repris Manigances en 2006. Je venais de remporter un prix Gros Sel à Bruxelles pour ce même titre.

Innocence, éd. Textes gais

Textes gais ont également publié Innocence, le tome 3, en 2007. Cette superbe édition ainsi que Manigances n’ont pas eu le succès espéré, car Textes gais n’ont qu’une diffusion limitée essentiellement en France.

Accointances, connaissances et mouvances, éd. Popfiction

Accointances, connaissances et mouvances, éd. Popfiction

Arrivent alors les Éditions Popfiction. Un jeune éditeur dynamique de Montréal propose alors une collection LGBT. Il accepte le manuscrit pour Accointances, connaissances et mouvances. L’éditeur prévoyait reprendre la série au complet. J’ai alors rompu mes contrats d’édition avec Textes Gais. Le tout s’est très bien déroulé, car l’éditeur comprenait très bien la situation. Malheureusement, les éditions Popfiction ont dû fermer leurs portes au début 2011.

Histoires du Village, éd. Textes gais

Histoires du Village, éd. Textes gais

Je suis alors retourné chez Textes gais qui a accepté la série que j’ai intitulée Histoires du Village avec une nouvelle couverture. Le 4ème tome devenait Accointances tout court.

Arrivent alors en 2013 les éditions Dédicaces qui proposent une meilleure diffusion et distribution.  La série a été reprise, mais d’un commun accord, nous avons cessé notre association.

Enfin, en 2014, les éditions La Semaine accepte mes manuscrits. La série passe à deux tomes : Rue Sainte-Catherine Est, métro Beaudry et Il y a longtemps que je t’aime, je ne t’oublierai jamais.

Mon nouveau titre, publié chez les Éditions la Semaine

Rue Sainte-Catherine Est, métro, éditions la Semaine

Il y a longtemps que je t'aime, je ne t'oublierai jamais

Il y a longtemps que je t’aime, je ne t’oublierai jamais, éditions La Semaine

Fierté littéraire 2016 : notre plus grand succès!

Denis-Martin Chabot

 

Cabaret littéraire du 9 août

Nos comédiens, Jean-Benoît Archambault et Marie Christine Pilotte

Nos comédiens, Jean-Benoît Archambault et Marie Christine Pilotte

Plus de 70 personnes étaient présentes. Nous avons découvert des talents cachés grâce au concours littéraire la Fierté aune ville. Restez connectés pour savoir s’il y aura une publication de textes sélectionnés. Des négociations sont en cours. 1000 $ en tout ont été remis en bourses aux trois gagnants. Deux excellents comédiens ont présenté les textes gagnants, Jean-Benoit Archambault et Marie Christine Pilotte. Le jury composé de Billy Robinson, Judith Lussier et Sylvie Payette a participé à l’événement. Félicitations à Kareen Martel, M-a Sauvageau et Gilbert Émond, nos gagnants. Un peu plus tard en soirée, lors d’un micro ouvert, la comédienne Marie-Josée Longchamp est venue lire des textes de Raymond Lévesque, grand poète québécois.

Kareen Martel et sa nouvelle Désir d'automne, premier prix

Kareen Martel et sa nouvelle Désir d’automne, premier prix

Marc-André Sauvageau et sa nouvelle Métro sexuel, deuxième prix

Marc-André Sauvageau et sa nouvelle Métro sexuel, deuxième prix

Gilbert Émond avec Montréal Intime, 3e prix

Gilbert Émond avec Montréal Intime, 3e prix

Le Combat aux mots du 10 août :

Le combat aux mots

Le combat aux mots

Plus de 60 personnes présentes. Pour une première expérience, c’est un succès. Merci à Philippe Schnobb, Micheline Hélène Montreuil, Steve Bastien et Amélie Boivin Handfield pour le travail extraordinaire et la soirée divertissante et enrichissante. Merci aux auteurs présents : Chantal Brunette, Kim Messier et Guillaume Lambert. Guillaume a été le gagnant avec son livre Satyriasis, défendu brillamment par Steve Bastien.

 

Le café littéraire avec Nicole Brossard du 11 août.

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Nicole Brossard

La grande Nicole Brossard a attiré un public de plus de 50 personnes pour parler de son œuvre. Madame Brossard a été une pionnière à plus d’un égard. Elle a parlé de la ville à une époque où les poètes décrivaient la nature et la campagne. Elle est entrée à deux pieds, des pieds de poésie, et en fait à plus de deux, dans la modernité. Elle a aussi contribué à y faire entrer le Québec. Son œuvre s’est empreinte du féminisme et du lesbianisme à une époque où ces sujets, surtout le deuxième, étaient tabous. Madame Brossard sait manier les mots et créer des ambiances, des concepts et des impressions, dont le Silence vertical et le sommeil lesbien… Une soirée inoubliable.

 

 

Auteurs à découvert/authors in undies du 12 août :

Christopher DiRaddo

Christopher DiRaddo

Cette soirée a été notre gros succès. Plus de 100 personnes présentes. Des auteurs de dévêtissent jusqu’au sous-vêtements pour lire de leurs textes. Cette tradition de se retrouver dans son plus simple vêtement et n’avoir que ses mots à présenter aux gens. Des lectures touchantes et divertissantes dans un contexte surprenant! Merci à Christopher DiRaddo qui a organisé cette belle soirée.

 

 

Salon du livre en plein air du 13 août

Malgré la pluie, nous avons vendu plus plus de 1000 $ de livres. Notre kiosque a été très populaire.

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Fierté littéraire a versé presque 4000 $ en cachets, bourses et redevances aux auteurs et artistes participants.

Merci à notre bailleur de fonds, Fierté Montréal / Montréal Pride, qui finance nos activités parce que, comme nous, elle croit en la diversité jusque dans la littérature.

Merci au Bar Le Cocktail et à Michel Dorion et à Luc Genereux qui nous ont si bien accueillis le 9, 10 et 11 août.

Merci au Stock Bar pour la soirée du 12 août.

Merci à la Librairie Zone Libre qui nous aide chaque année à obtenir des livres.

Merci aux maisons d’édition qui nous ont soutenus.